Dimanche 23 avril 2006
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« SIX FEET UNDER » – si un jour vous devez regarder UNE série de télévision, c’est CELLE-CI !
Vous l’avez peut-être vu, ou au moins entendu parler d’elle… cette série « sur la mort », « SIX FEET UNDER », ou « Six pieds sous terre » ?
Elle vient de se terminer, le dernier épisode de la cinquième et dernière saison vient d’être diffusé sur Canal Jimmy… Cinéphile depuis mon plus jeune âge, je regardais peu les téléfilms, encore moins les séries de télévision. Il fallait suivre les épisodes, ne pas en rater un… Puis, les quelques rares séries françaises, dans les années quatre-vingts, n’étaient que des « soaps » déguisés en feuilletons d’été… sans grand intérêt, avouons-le.
Et il y quelques années, avec l’arrivée du câble, des séries made in US et autres UK ont déferlé sur nos petits écrans… et le magnétoscope aidant, je me suis laissée « prendre» . Ce fut tout d’abord « Dream On » hilarant et tellement innovant dans la forme, « NYPD Blue », une n-ième série américaine sur les flics de New York, pas vraiment une n-ième pour moi, je n’en avais pas vu d’autres. Mais quelle série ! Quels personnages ! Le flic Sipowitz et le comédien rondouillet qui l’incarne sont entrés à jamais dans mon imaginaire…
Et il y en a eu d’autres ! Un excellent « Cracker » anglais, par exemple… »Profit » (US), effrayant, dont l’esthétisme a été poussé jusqu’au bout, tout au service de l’idée conductrice de cette série, celle du Mal Absolu. « Oz « (US) que j’ai abandonné en cours de route tellement l’image de cette prison-exemple d’où toute possibilité de rédemption était bannie à jamais, m’était devenue insupportable. Mais le concept de la série et son exécution restent un exemple d’excellence pour moi.
Et puis vint « Six Feet Under ». L’anecdote dit que son créateur, Allan Ball, scénariste qui RAMAIT à Hollywood, jusqu’à « American Beauty » (un Oscar tout de même !) avait voulu écrire une série qui donnerait enfin une réelle visibilité à la communauté gay (!) et que sachant un tel concept presque totalement invendable, (même pour la très ouverte et innovante chaîne payante HBO !), il a proposé un concept encore plus impossible ! « S’ils prennent ma série « sur la mort », rien ne m’empêchera de parler d’autres sujets, celui sur « la mort » étant tout de même déjà assez difficile à placer. »
Et ça a marché… et nous sommes devenu des accros à cette série qui justement vient de nous tirer sa révérence.
A vrai dire, en dehors de cette idée de base, rien de très excitant! Une famille Fisher vit à Los Angeles dans une maison qui, en même temps, est un commerce de pompes funèbres. Le père meurt dans le PREMIER EPISODE de la série, la mère, ses deux fils et la fille vont nous accompagner pendant 5 longues années, avec des hauts et des bas, certes, la deuxième ou la troisième saison a été carrément soit ennuyeuse soit presque « n’importe quoi ». David se battra contre lui-même et contre son homosexualité qui même après son coming-out ne sera toujours pas réellement acceptée par lui. Nate qui rencontre Brenda lors du premier épisode, l’abandonnera, aura une enfant avec Lisa qui se suicidera, et se remariera… avec Brenda. Et il vivra, à partir de la saison 2 ou 3, avec une constante menace de la mort (à cause d’un problème cérébral). Claire, la plus jeune, une artiste qui se cherche et se perd souvent, traverse la vie au gré des rencontres les plus improbables, au grand dam de la mère à laquelle la réalité échappe, tellement son « bateau familial » prend l’eau de toutes parts. J’oubliais Federico, un jeune employé de la morgue Latino qui devient un jour l’associé des Frères Fisher et dont les déboires matrimoniaux nous le rendent très sympathique.
La forme de ce récit en 5 fois 26 épisodes par an? Emprunté à la structure du feuilleton (soap). On suit le sort de chaque personnage, l’évolution de ses relations avec d’autres personnages et la façon dont tout un chacun arrive – ou n’arrive pas – à trouver des solutions aux problèmes que pose la Vie. L’activité des pompes funèbres est anecdotique. Il y a, certes, au début de chaque épisode, une mort plus ou moins subite, un carton blanc annonçant le nom et les dates de naissance et de mort de la personne décédée… dont les Fisher vont prendre en charge l’embaumement et la cérémonie funèbre. Les morts vont parfois « revivre » pour parler soit à David, soit à Federico ou aux autres… Comme parlera à ses enfants et à sa femme le père décédé… De quoi parlera-t-il ? Nathaniel senior ne sera réellement que la voix de l’inconscient, cette voix qui parfois nous chuchote à l’oreille, nous suggère de faire ceci ou cela et que nous écoutons… parfois… et le plus souvent, choisissons d’ignorer.
Ceux d’entre vous qui ont vu la série, savent tout sur les Fisher. Ceux qui ne l’ont pas vue, auront peut-être un jour l’occasion de la voir… je ne m’attarderai donc pas plus sur les récits qui émaillent cette longue aventure. Sachez tout de même, qu’arrivés au dernier épisode, où tout ce qui a été mis en place d’une façon plus ou moins réussie (je vous ai dit qu’une des saisons étaient plutôt faible) se met en place d’une façon extraordinaire. Vous réaliserez que tous ces personnages que nous avons appris à aimer… et à haîr parfois (tel la mère, Ruth, qui nous agace au plus haut point) sont vraiment PLUS VRAIS QUE NATURE ! Ce sont des êtres humains tour à tour justes et exécrables, égoîstes et altruistes, intelligents et stupides, plein de compassion et salauds, honnêtes et malhonnêtes, fidèles et plus-qu’infidèles, lâches et courageux. Ils avancent dans leur vie à coups d’efforts parfois surhumains. Ils apprennent, et nous avec eux, que rien n’est définitif et que rien n’est jamais acquis. La mort qui fait partie de leur vie est presque toujours là, mais cette ultime finalité, n’est-elle pas le lot de nous tous sur cette Terre ? Et le sens de la vie ? Quel est-il ? Faut-il le chercher auprès de ses proches, sa famille ou vaut-il mieux dédier ses efforts à son prochain ?
Vous comprenez, si j’ai mis au début le mot « la mort » entre les guillemets, c’est que les histoires des la famille Fisher, entrepreneurs de pompes funèbres parlent de la mort certes, des morts nombreuses, tragiques toujours et souvent tragi-comiques mais qu’elles parlent surtout DE LA VIE. On nous demande parfois quel livre emporterions nous sur une île déserte. Question affreuse! Un seul livre ?! Un seul vraiment? J’hésite toujours entre « Guerre et Paix » de Tolstoï, les œuvres complètes de Shakespeare et les « Cent Ans de Solitude » de G.G. Marquez. En supposant que l’île déserte serait raccordée (rêvons un peu !!) à l’électricité, j’emporterai aussi un DVD, un seul, celui des cinq saisons de « Six pieds sous terre » !
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